Top à Barbara
Top à Barbara

Mire de la seconde chaîne

La seconde chaîne couleur propose samedi 9 mars 1974 à 20 h 35 Top à Barbara à la suite du journal télévisé Inf 2.

Maritie et Gilbert Carpentier durent patienter plus de quatre ans pour convaincre Barbara de participer à sa propre émission. Bien sûr dès son accord Barbara posa ses conditions, ses choix. Elle choisit ses partenaires, la réalisatrice ainsi que l'équipe présente sur le plateau. L’enregistrement se déroule quelques jours plus tôt au studio 17 des Buttes Chaumont (36 rue des Alouettes à Paris XIX). Maritie et Gilbert Carpentier proposent ce programme assistés de Catherine Clément et de Pierre Fournier-Bidoz, Marion Sarraut assure la réalisation. Francis Robin réalise le décor noir et blanc du plateau et André Diot (de l'équipe de Denise Glaser, futur éclairagiste de Lily passion en 1986) les lumières. Sur le vaste plateau de près de 600 m2 avec deux pianos un noir, un blanc, Barbara vêtue de noir, lèvres carmin recevra ses invités.

La soirée s'ouvre par le générique avec en bande son un morceau instrumental joué par la fanfare du régiment de cavalerie de la Garde républicaine accompagnée de deux chevaux à la robe claire et ses deux timbaliers. Le générique mentionne : Maritie et Gilbert Carpentier, Top à Barbara, Réalisation Marion Sarraut.

Puis Barbara espiègle interprète Mes hommes entourée des soldats de la Garde républicaine. Elle opta pour ces messieurs car dans leurs tenues elle les trouvait "ma foi fort décoratifs" (dixit Barbara)... Les soldats de la Garde républicaine croyaient venir pour jouer de la musique militaire. Le commandant de la garde républicaine n'apprécia pas ce "détournement". Gilbert Carpentier répondit au commandant : Fâcheux quiproquo !

La Garde républicaine

Barbara arrive sur le plateau parmi les rangs des soldats, micro en main elle chante Mes hommes. La chanson terminée hommes et chevaux s’éclipsent.

"Bonsoir. Qu’il me soit permis de vous dire d’abord Bonsoir. Qu’il me soit permis de vous présenter un ses hommes qui n’était pas là, qui m’accompagne à l’accordéon depuis très longtemps et très bien d’ailleurs. Et cet homme s’appelle : Roland Romanelli.

Bien je vais alors gagner mon rocking-chair… Eh oui je fais un Top…. Je vais me mettre là parce qu’il a fallu que les chevaux, les hommes partent, les enfants, tout le monde.

Alors on m’a dit marche doucement jusqu’à ton rocking-chair sans lunettes, ce qui est très difficile pour moi…" Elle s’assoit… "Et soit drôle !"

Assise dans le rocking-chair elle interprète A peine

Puis Julien Clerc enchaîne avec Cécile issu de son 33 tours Julien paru en 1973.

En duo Claude Nougaro et Barbara chantent Le rouge et le noir (texte Claude Nougaro, musique Michel Legrand). Ce titre provient du 33 tours édité en 1962. Barbara vêtue de rouge assise dans un rocking-chair entourée d'un boa rouge donne la réplique à Claude Nougaro debout face à elle, tout de noir vêtu.

Les ballets de Peter Goss dansent sur le plateau.

Puis Barbara reprend le micro : "Je vais vous présenter quelqu’un qui à mon avis a beaucoup de talent, que je considère comme un grand auteur qui a écrit tous les textes de mon dernier disque, qui chante lui-même et il s’appelle François Wertheimer."

François Wertheimer chante Enfantons (texte François Wertheimer, musique Charles Patient) issu du 45 tours paru en 1970. François Wertheimer écrivit les textes du dernier disque de Barbara La louve.

Barbara arrive en tenue brillante noire, chapeau noir pour chanter Monsieur Capone,

Sur le plateau trônent deux pianos têtes bêches, un noir, un blanc. Julien Clerc assis au clavier du piano blanc regarde Barbara debout.

- On y a patronne
- Ca va mon chéri !

Julien Clerc entame alors un passage de Ma plus belle histoire d’amour.

Barbara : "Souple…." Julien Clerc joue au piano… "C’est discret !"

Cette fois Barbara interprète un court extrait de Ce n’est rien (texte Étienne Roda Gil, musique Julien Clerc).

Julien Clerc ajoute : Celle là c’est une de mes préférées

Barbara : "Je guette."

Julien Clerc reprend un couplet de Si la photo est bonne.

Barbara réplique en chantant un extrait de Le cœur volcan (texte Étienne Roda Gil, musique Julien Clerc)

Puis Julien Clerc chante et joue la fin de Ma plus belles histoire d’amour en duo avec Barbara.

Barbara conclut : "Merci beaucoup"

Ensuite Claude Nougaro interprète seul Montparis (texte Claude Nougaro, musique Eddy Louiss) qui figure sur le 33 tours Locomotive d'or sorti en 1974. Ses musiciens Maurice Vander (piano), Eddy Louiss (orgue), Luiggi Prussardi (contrebasse), Charles Bellonzi (batterie).

Barbara chante debout Le petit bois de saint Amand.

S’accompagnant au piano, elle interprète Marienbad puis de lève pour en chanter la fin.

Elle retourne d’asseoir au piano et parle :
"J’ai des problèmes. Faudrait déscotcher ça, je voudrais vraiment qu’on déscotche ça, c’est vrai. Est ce qu’on peut venir me déscotcher ça ?"

Un technicien arrive.

"Je vais en profiter pour continuer mes remerciements. Je vais commencer à remercier André Diot qui a fait des éclairages fabuleux et Francis Robin qui a fait un décor fantastique, parce qu’on disait toujours le noir ça passe pas… C’est pas déscotché, je suis navrée. Mais c’est que je peux vous avoir près de moi, revenez revenez revenez, ah non j’arrête tout j’arrête tout, revenez… Tu déscotches là. Tu pense que ta famille te vois, les mamans sont contentes, je ne sais pas si ça va les ravir de te voir près de moi… Veux-tu m’épouser ? Ah non attends ! Non faut que tu tires ça, y a quelque chose. Voilà c’est bien ! Alors oui je voulais remercier Francis Robin, je sais plus le nom car j’ai peur, qui a fait ce décor fantastique et surtout Maritie et Gilbert Carpentier qui m’ont donné la possibilité de la faire et Marion Sarraut qui a réalisé cette émission. Et tous les autres que je ne remercie pas mais le cœur y est vous aussi et voilà…"

Puis s’accompagnant au piano avec Roland Romanelli à l’accordéon, Barbara enchaîne quatre titres : Mon enfance, Perlimpinpin, L’homme en habit rouge, L’aigle noir.

Le générique de fin se déroule mentionnant :
L’aimable collaboration de Michel Cachoux
Chorégraphie Peter Goss
Décors Francis Robin
Costumes : Monique Jolivot
Chef d’équipements vidéo : Raymond Duhamel
Chef opérateur du son : Joel Moulet
Directeur de la photographie : André Diot
Cadreurs : Nicolas Cahen, Jean-Claude Cathary, Gérard Espinasse, Marcel Moulinard, Freddy Nivière
Scripte : Irène Richard
Assistant réalisateur Jacques Guichot

Réalisation : Marion Sarraut

Julien Clerc, Julien
Claude Nougaro 1962
François Wertheimer 1970
Julien Clerc, ce n'est rien
Juloien Clerc, Le coeur volcan
Claude Nougaro 1974

Pour continuer la soirée, la seconde chaîne propose à 21 h 35 l’épisode 3 Les hommes volants de la série télévisée Aux frontières du possible avec Pierre Vaneck (ancien pensionnaire de L’Écluse).

Pendant la diffusion de la soirée, Barbara chante au Théâtre des Variétés depuis le 9 février jusqu’au 12 mars 1974


Le magazine de programmes télévisés Télé 7 jours pour présenter la soirée du samedi 9 mars, dans l’artcile Danièle Sommer rapporte des mots de Barbara

"La télévision, c’est un autre métier que je connais pas. Ça me fait peur, et j’ai peur de faire peur aux enfants !"

Le public : "Je lui dois tout, je lui donne tout, je lui donnerais jusqu’à la dernière goutte de mon sang. Ils savent ça. C’est pour ça qu’ils m’aiment. La chanson est ma respiration, ma médecine, ma religion. C’est l’amour le plus fidèle, le plus fou de ma vie. J’ai attendu 5 ans pour obtenir d’un théâtre qu’on vende des places à un prix raisonnable : à quelqu’un qui vous aime et vient vous voir, on peut demander un effort pas un sacrifice."

"J’ai une fête à ne pas rater, tous les soirs, je ne pense qu’à ça."

"Je referais le même chemin de la même façon avec les mêmes erreurs."

"Je ne suis pas une comédienne, le cinéma n’est pas pour moi. Pourtant si on me proposait un rôle amusant…"


En 1862 au sein de la Garde de Paris (ancêtre de la Garde républicaine) à la caserne des Célestins (boulevard Henri IV à Paris) se trouvait un brigadier Alphonse Salomon Veil quadrisaïeul paternel de Barbara.

François Wertheimer souhaitait un opéra cosmique Popéra Cosmic, Les esclaves en 1968 à la Gaîté lyrique de Paris avec les gardes républicains dans l’escalier. Mais il n’obtint pas cette autorisation.


Un coffret de deux DVD, Barbara, De la chanteuse de cabaret à l'artiste de légende paru en 2017 reprend les duos : Barbara - Julien Clerc avec un pot pourri de leurs répertoires, Barbara - Claude Nougaro interprétant : Le rouge et le noir et L'aigle noir par Barbara seule.



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