Au commencement de 1964 un jeune allemand un soir écoute Barbara à
l'Écluse. Il
désire lui parler pour lui fart part d'un projet. Il explique qu'il dirige un théâtre de
140 places à Göttingen. La réputation de l'université dynamique de Göttingen
dépasse les frontières de basse Saxe. De nombreux étudiants souhaiteraient
entendre Barbara sur la scène de leur théâtre. Gunther Klein, ce jeune directeur l'invite donc à se produire dans ce lieu. De prime abord elle refuse.
Les traces laissées par la guerre elle ne peut les oublier. Gunther Klein insiste. Le lendemain elle accepte brusquement sans trop savoir pourquoi. Mais elle exige un piano noir demi-queue. Rendez vous
fut pris pour le mois de juillet suivant.
En juillet elle arrive à Göttingen
en peu à reculons (Barbara dira un peu "grin grin") furieuse d'avoir accepté cette invitation.
Rapidement elle visite la ville et se rend au Junges Theater. Au 19
Giesmarlandstrasse le Junges Theater naît en
1957. Bien plus tard ce
lieu deviendra l'actuel cinéma Lumière. Sur scène trône un magnifique piano noir mais DROIT. Catastrophe.
Catégoriquement Barbara refuse de chanter avec un tel piano et pourtant Gunther avait promis... Manque de chance les déménageurs sont
en grève. Dans ces conditions il s'avère donc impossible de changer d'instrument.
Le spectacle s'en trouve compromis. Dix jeunes étudiants se chargent d'essayer de dénicher
un instrument conforme au désir de Barbara. Ils reviennent triomphants. Une vielle dame
accepte de prêter son piano. Les dix gaillards
transportent le piano sur scène .
A cause de ce déménagement
impromptu le spectacle prévu 20 h 30 prend du retard. Finalement à 22 heures le demi queue
noir s'installe sur la scène. Barbara peut maintenant chanter. Elle reçoit un accueil chaleureux enthousiaste.
Gunther prolonge le contrat de Barbara
de huit jours. Dans l'après midi du dernier récital Barbara s'installe dans
un petit jardin qui jouxte le théâtre. Les mots s'agitent en elle. Elle écrit et compose Göttingen. Le soir même, soir de dernière aidée de son brouillon
elle propose au public le texte sur une mélodie inachevée.
A son retour à Paris elle achève le texte et la musique.
Claude Dejacques insiste pour que ce titre figure sur le disque
à venir. En juillet 1965 elle enregistre au studio Blanqui la chanson [voir le disque ou figure ce titre].
En octobre 1967, elle revient à Göttingen pour un concert unique. Elle se produit sur la scène de la
Stadthalle, le tout nouveau théâtre de la ville d'une capacité de 1 500 places. France Inter diffuse en direct sur ses ondes ce concert.
Pour la première fois elle
interprète Göttingen en allemand et en public. Le public lui fait une ovation de plusieurs minutes. Cette fois
Barbara a un piano
mais sa voix n'est pas au rendrez-vous. Barbara souffre d'un rhume. Elle s'accompagne au piano avec Michel Gaudry à la contrebasse et Roland Romanelli à l'accordéon. Roland Romanelli
effectue ce soir là son premier concert avec Barbara. Il remplace Joss Baselli qui joue désormais aux côtés de
Patachou.
Au fil de ces spectacles Göttingen sera toujours inscrit à son répertoire.
En 1986 elle reçoit l'ordre du mérite fédéral allemand. |