PRÉAUX dans l'Indre

Vue de Préaux

Juin 1940, c'est l'exode devant l'avancée allemande en France. Des trains bondés descendent vers le sud devançant de quelques jours l'armée allemande. Des trains bondés de réfugiés, fuyant, des réfugiés fuyant les SS, refusant le joug allemand.

Madame Serf réside à Blois avec ses trois enfants. Elle travaille à la préfecture, monsieur Serf est mobilisé. Depuis quelques semaines ses deux aînés, Monique et Jean, l'ont rejointe en compagnie de leur grand tante paternelle Jeanne Spire. Un bombardement de la ville de Blois est annoncé, la famille doit se séparer à nouveau. Jeanne Spire et les deux aînés prennent un train vers le sud, pour fuire, prennent un train bondé de réfugiés. Après quelques heures de trajet le train est stoppé en rase campagne près de Châtillon sur Indre. . La locomotive est détachée, réquisitionnée pour un autre emploi, les wagons restent là, des wagons remplis de réfugiés qui resteront là quinze jours. Les paysans des alentours nourrissent les infortunés voyageurs. Après quelques jours d'arrêt là en rase campagne, Des avions allemands visent le convoi. Les blessés, les morts se comptent par dizaines.  Les secours arrivent. Une partie des réfugiés trouve abri à l'école de Préaux, une petit village rural à dix kilomètres de Châtillon sur Indre. Parmi ces réfugiés de cette école se trouvent Madame Spire, Jean et Monique.

Préaux est un bourg calme de cinq cents habitants, un bourg actif avec tous les commerces, cafés, épiceries en dehors des grandes voies de communication. C'est une bourg rural, resserré autour de son église, entouré de bois et de prés.

La vie quotidienne dans l'école n'est pas agréable et madame Spire désire trouver un logement pour elle et les deux enfants.

Au centre du bourg, face à l'église, au carrefour des routes de Ecueillé et de Villegouin se dresse le café épicerie Lanchais. Marie et Arthur Lanchais tiennent les commerce, ils ont quatre enfants, deux grands, deux petits. Dans le bâtiment de gauche se trouve la salle du café où règne Arthur. Au dessus du café se trouvent deux pièces mansardées inoccupées. C'est là que Jeanne et les deux enfants vont vivre quelques temps. Dans le haut bâtiment sur la droite se trouve l'épicerie de Marie Lanchais avec au dessus le logement des Lanchais.

Préaux, le carrefour des routes face à l'église

Jean et Monique fréquentent l'école communale du village. Ils jouent avec les enfants du lieu. Ils participent aux fêtes, aux activités des champs. Jeanne Spire veille sur les enfants. Cette femme fut dans sa jeunesse mannequin chez le couturier Paul Poiret (1879-1944). La tante Jeanne est une femme grande qui a une forte personnalité, elle est la veuve de l'oncle Camille, un médecin militaire. Les époux Spire vécurent en Afrique, jadis. A Préaux les gens l'appelaient Madame la Colonelle.... Elle roulait ses cigarettes, et consommait un paquet de tabac par jour. Ses journées se déroulaient à parler avec les gens du village et leur tirait les cartes. Et bien sûr elle leur disait qu'elle n'y croyait pas... Cette femme autoritaire parlait haut et fort. Durant les périodes de vaches maigres elle veillait sur les enfants, sur leur éducation.

La petite Monique sans cesse répétait à ses copines qu'elle voulait monter sur les planches. Mais Madame La Colonelle ne souhaitait vraiment pas que sa petite nièce deviennent saltimbanque. Mais par la suite, au début des années 60 elle fut fière de sa petite nièce devenue artiste.

Monique fréquentait l'école communale, la classe des grands, ses résultats scolaires étaient bons. 

Durant un an ils vécurent là, au rythme du village, des saisons.

Jeanne Spire par l'intermédiaire de la mairie de Préaux, essaya de retrouver la trace des parents des enfants. Qu'étaient ils devenus durant la débâcle... Ainsi elle appris que Jean Serf était démobilisé et avec sa femme et la petite Régine ils vivaient à Tarbes. A la fin de l'été 41 Jeanne Spire prend les enfants par la main, direction Tarbes. Elle séjourna quelques temps avec la famille puis regagna Préaux. Elle resta à Préaux, au dessus du café Lanchais jusqu'à la fin de la guerre partageant la vie des villageois et du village.

 

[retour au sommaire du site]

[retour aux nouveautés 2001]