Rue Guénégaud

Chez Moineau (odéon 98 56)

10 rue Guénégaud, 75006 Paris

10 rue Guénégaud, Paris

Cette ancienne voie du vieux Paris ouverte en 1648 va en ligne droite du quai Conti (en bord de Seine) pour déboucher rue Mazarine. A son entrée venant de la Seine à droite s’élève majestueux l’Hôtel de la monnaie de Paris.

Au numéro 10 de la rue Guénégaud, se trouve un immeuble construit vers 1800 avec une assise au sol de 17 mètres de profondeur par 5 mètres sur la chaussée. Le bâtiment s’élève sur un rez de chaussée quatre étages et des combles. A chaque étage deux fenêtres s’ouvrent sur la rue. A l’arrière, deux fenêtres par étage donnent sur la petite cour. Au rez de chaussée un étroit couloir depuis la rue permet l’accès aux escaliers desservant les étages. Donnant sur le trottoir la grande salle comprend sur le mur du fond une porte débouchant dans la courette. Ce minuscule espace conduit à la cuisine et au couloir puis aux escaliers. En sous sol la cave voûtée servait d’entrepôt.

Chez Moineau

L’immeuble abrita pendant plusieurs années un hôtel meublé ainsi que l’activité de café et marchand de vins dans les locaux inférieurs.

De 1900 à 1936 les propriétaires de l’hôtel meublé se suivent : Pierre Maynier (1877-1935), Joachim Mignot (1876-1933), François Coutaz-Repland (1881-1958), Jean Schmidlin.

Jean Auguste Schmidlin (1889-1964) et son épouse Anne Morgen (1896-1985) achètent le fonds de commerce de marchand de vins et hôtel situé 10 rue Guénégaud en 1936. Par acte du 2 juin 1955, les époux Schmidlin cèdent leur fonds de commerce à monsieur Mohamed Louail.

Cet acte de cession permet de répondre à la question demeurée jusqu’alors sans réponse quant aux identités des époux "Moineau" tenanciers du lieu.

Le livre paru en 2024 La désinvolture est une bien belle chose de Philippe Jaenada apporte la première réponse à qui est le couple Moineau. L’auteur suit une jeunesse d'après guerre errant de café en café au cœur du quartier de Saint Germain. Il relate le quotidien de cette bande de jeunes désœuvrés squattant particulièrement un café au 22 rue du four tenu par les époux Moineau.

Monsieur Moineau se nomme pour l’état civil Mohamed Seghir Louail. Il voit le jour en 1906 à Harbil dans le Daïra de Guenzet en région de Petite Kabylie en Algérie. La commune de 3 200 habitants réputée pour ses oliviers s’élève sur un plateau à 1 100 mètres d’altitude.

Il épouse en 1936 à la mairie de Lafayette en Algérie (actuelle Bougaa) Madeleine Jeanne Tellier. Lafayette se situe à 25 kilomètres de sa commune natale.

Bougaa

La mariée naquit en 1910 chez ses grands parents paternels place de la halle au cœur de la commune vinicole champenoise de Saint Martin d’Ablois près d’Épernay. Ses parents et son frère aîné résident dans la commune non loin de là, rue du Pont Monnayé. Son père travaille comme comptable chez un marchand de bois ablutien. Depuis plusieurs générations sa famille demeure à Saint Martin d’Ablois. Son grand-père paternel vannier et son grand-père maternel vigneron résident dans la commune. En 1919, la famille s’installe à Mareuil en Brie à 10 kilomètres. Son père devient alors garde de la vente des bois. Au bout de deux ans la famille déménage pour Le Baizil commune limitrophe rue d’Orbois. Mais son père meurt en 1930 à l’âge de 46 ans. La fiche d’incorporation militaire de son père le décrit : cheveux et sourcils bruns, yeux bruns, front ordinaire, nez moyen, menton et visage ronds, mesure 1,67m. Les enfants doivent alors travailler. Le fils coupe le bois, la fille devient femme de chambre dans la famille Benoît.

Saint Martin d'Ablois, Marne

Comment une jeune fille originaire de la Marne se retrouve en Algérie ?

Un retour en arrière s’impose.

Le recensement de population de la ville de Paris de 1936 rapporte que Madeleine Tellier demeure dans le seizième arrondissement au 4 bis rue Eugène Manuel. La jeune Madeleine travaille, bonne au service de Roger Kalb Dumont de Sournac (1898-1978), son épouse Germaine Albisser (1904-1994) et de leur fils né en 1927. Monsieur Kalb Dumont de Sournac exerce la profession de négociant exportateur en vins et Champagne venant de la région d’Épernay. On peut donc penser que lors d’un séjour en Champagne il embaucha la jeune Madeleine pour s’occuper de son foyer à Paris. La famille Kalb Dumont de Sournac voyage beaucoup. Certainement au cours d’un séjour en Algérie, la jeune Madeleine croise la route de Mohamed Louail.

Le couple revient en Île de France vers 1936. Par la suite monsieur Louail effectura de nombreux allers-retours avec sa terre natale.

Mohamed Louail employé, commerçant s’engage en religion et en politique. Après avoir étudier le coran, il obtient le titre d’Ouléma, docteur de la foi musulmane, interprète du Coran.

Cheik Fohdil el Ourtilani (1906-1959) arrive à Paris courant 1936. Soutenu par Cheik Essaid Salhi (1902-1986) ils créent le premier cercle des Oulémas à Clichy. Peu de temps après s’ouvre le premier cercle des Oulémas parisien, 7 bis cité Bison dans les locaux d’une ancienne imprimerie. A cette adresse les travailleurs nord africains exilés et seuls peuvent se rencontrer, suivre des cours de langue de comptabilité. Mohamed Louail exerce la fonction de secrétaire du premier cercle parisien nommé Nadi Ettahdib. L’année suivante l’association comprend 1 500 adhérents. L’association des cafetiers nord africains appuie l’action de Nadi Ettahdib. Les partis politiques de gauche SFIO, PCF et CGT soutiennent l’action de Nadi Ettahdib.

Léo Sauvage (1913-1988) pour le journal Le Peuple, organe quotidien du syndicalisme de la Confédération générale du travail dans son numéro du 23 septembre 1937 rencontre les membres de l’association Nadi Ettahdib. Il se rend dans les locaux de la cité Bisson guidé par Cheik Essaid Salhi, Mohamed Louail et le syndicaliste Marcel Brenot (1909-1992). Une photo prise devant les locaux de l’association les montre tous trois (vers la page du journal).

Monsieur Louail signe un article dans Le journal d’Alger La défense "hebdomadaire des droits et intérêts des musulmans algériens" du 18 mai 1938. Il relate le congrès annuel de l’association Nadi Ettahdib tenu à Paris les 15 et 16 avril, 7 bis Cité Bisson. Comme secrétaire il rapporte l’activité annuelle de l’association et salue l’action de Cheik Essaid Salhi fondateur des cercles de Paris. Cheik Essaid Salhi originaire du même Daïra que Mohamed Louail arrivèrent très probablement ensemble à Paris en 1936.

Monsieur Louail signera plusieurs articles pour ce journal en 1937 et 1938. La lecture des articles rédigés montre une aisance dans l’écriture.

Quelques mois avant la mobilisation générale de 1939, madame Louail donne naissance à une fille à la maternité de l’Hôpital Tenon. Les parents de l’enfant résident 114 rue du chemin vert à Paris 11 dans un meublé Central hôtel. Le père employé du bureau participe activement à la vie de l’association Nadi Ettahdib.

La seconde guerre mondiale éclate. Monsieur et madame Louail exploitent un bar dans le dix neuvième arrondissement de Paris au 28 rue d’Aubervilliers. Le Journal d’Evreux du 25 avril 1942 relate une affaire judiciaire en cours. Le Tribunal correctionnel de cette ville jugeait huit prévenus pour un trafic de cartes de pain circulant au camp de Saint André de l’Eure. Ce camp héberge principalement des algériens originaires de Kabylie. L’enquête menée par la gendarmerie de l’État français aboutit à l’implication de monsieur Louail tenancier de bar à Paris dans ce trafic qu’il dirige. La cour condamne monsieur Louail à quatre ans de prison et à 24 000 francs d’amende. La cour relaxe madame Louail au bénéfice du doute.

Rue d'Aubervilliers, Paris
Rue d'Aubervilliers, Paris

En 1993, la ville de Paris achètera le bâtiment de la rue d’Aubervilliers pour le démolir et ériger une école maternelle. L’immeuble comprenait un rez de chaussée, deux étages plus un de combles. La bâtiment abritait alors un bar et un hôtel meublé en étages.

A la libération la famille quitte Paris pour rejoindre Alger.

Alger
Alger

Le journal Dernière heure "Le plus fort des quotidiens du soir d’Algérie" dans son édition du 12 décembre 1947 mentionne parmi les publications légales la création d’une SARL Essor commercial africain avec un siège social 1 rue Borély la Sapie (actuelle rue Mohamad Seghir Sadaoui) à Alger. L’acte nomme le nom du gérant : Louail Mohamed Seghir demeurant 5 rue du Hamma (actuelle rue Saïd Bakel) à Alger.

L’année suivante le Travail l’hebdomadaire des syndicats confédérés d’Algérie du 18 février 1948 indique la cession de ses parts dans l’Essor commercial africain de monsieur Louail Mohamed Seghir et l’abandon de ses fonctions de gérant.

L’enfant du couple scolarisée au lycée Delacroix d’Alger réussit en juin 1949 l’examen d’entrée en sixième.

L’année scolaire 1949-1950 achevée, monsieur et madame Louail ainsi que leur fille retrouvent Paris.

Rue du four

Avant de s’installer rue Guénégaud en 1955, les époux "Moineau" tinrent un café au 22 rue du four à Paris VI au cœur de saint Germain des prés. En effet le 19 août 1950, madame Madeleine Tellier épouse de Mohamed Louail signe un bal de location d’un commerce de bar appartement à Baptiste Villot (1887-1974) au 22 rue du Four. En 1953, la devanture affiche : Club Moineau. Ainsi monsieur et madame Louail deviennent monsieur et madame Moineau pour les habitués du lieu.

Rue du four

Une jeunesse ivre de libertés et d’alcools adopta le lieu. Madame Moineau veillait sur cette jeunesse rimbaldienne comme une mère. Dans le bistrot tout le monde chantait, jouait aux échecs, buvait, fumait. L'Internationale lettriste de Isidore Isou installa là un temps son quartier général. Le livre de Philippe Jaenada dépeint la vie, les comportements de cette jeunesse sauvage adoptant pour quartier général le café de la rue du Four.

Un jeune photographe néerlandais s’installe à Paris en 1950. Au hasard de ses promenades dans la capitale Ed Van der Elsken (1925-1990) découvre les bistrots de saint Germain des Prés. Son regard se pose principalement sur celui du 22 rue du Four chez Moineau. Alors il réalisera de nombreux clichés de cette jeunesse en leur lieu. En 1956 il publie un livre Love on the left Bank reprenant les clichés de Chez Moineau. Les photos réalisées montrent cette jeunesse en son nid Chez Moineau et permet de voir madame Moineau et Marithé.

Plusieurs autres livres dépeignent la vie de cette jeunesse d’après guerre en ce lieu et les patrons du bar dont : Les vagabonds du clocher de Eve Dessarre (1926-1990) en 1951, Le situationnisme ou la nouvelle internationale de Eliane Brau (1935-1992) en 1968, , La compagnie des zincs de François Caradec (1924-2008) en 1986, Les bouteilles se couchent de Patrick Straram (1934-1988) en 2006, La Tribu de Jean-Michel Mansion (1934-2006) en 2006, Dans le café de la jeunesse perdue de Patrick Modiano en 2007.

"Le père Moineau on le voyait très peu, il venait le soir, tard, pas tous les jours d'ailleurs. - Quel genre ? - Nord-africain, petit, assez typé... Il travaillait aux Halles. Il avait du fric quand même, et je sais que quand il avait ouvert son bistrot il avait récupéré des gens dans la rue, des copains du quartier, leur avait offert une soupe dans son bistrot, et c'est comme ça que ça avait démarré. C'était donc un type qui auparavant n'avait strictement rien à voir avec le milieu de Saint-Germain-des-Prés. " Jean Michel Mansion in La tribu en 2006. Il fut le premier à se poser au 22 rue de Four. Puis vint alors toute une tribu de jeunes redonnant vie à ce café de quartier alors bien morose.

"Chez Moineau, un bistrot misérable de la rue du Four qui fut entre 1950 et 1953 le point de ralliement d'une jeunesse mi-bohème mi-délinquante, s'est au fil des années transmué en un lieu légendaire [...], foyer secret des troubles qui ont ébranlé l'ordre du monde dans la seconde moitié du XXe siècle." In la postface de Jean-Marie Apostolidès et Boris Donné du livre de Patrick Straram Les bouteilles se couchent en 2006.

"Les membres de l'Internationale lettriste avaient installé leur quartier général Chez Moineau, un infâme troquet de la rue du Four" In Le situationnisme ou la nouvelle internationale de Eliane Brau en 1968.

"La drogue, l'alcool, les filles - les mineures surtout - faisaient partie du folklore de l'Internationale lettriste, tout un délire existentiel qui transparaît dans certains slogans de l'époque... : "L'éther est en vente libre", "Ne travaillez jamais", "Libérez-les passions"", "Laissez-nous vivre". In Les Vagabonds autour du clocher d'Ève Dessarre en 1951.

"M. Moineau tenait le comptoir et la caisse, et tout au fond, dans une minuscule cuisine, Mme Moineau préparait un chaleureux couscous champenois servi par la jolie Mlle Moineau. M. Moineau était tunisien, Mme Moineau champenoise. M. Moineau affirmait : "Chez moi, pas d’putains, pas d’pédés, pas d’clodos." Naturellement, il y avait quelques échantillons des trois espèces pour confirmer la règle…
Au comptoir venait rire et boire tout Saint-Germain-des-Prés. Raymond Queneau, Ralph Messac, Boris Vian, Noël Arnaud, François Chevais, Jean-Louis Brau, quelques lettristes et situationnistes. Tant de monde en si peu de place ! Sans compter les habitants du quartier, les paroissiens de Saint-Sulpice et de Saint-Germain". In La Compagnie des Zincs de François Caradec en 1986.

Moineau, rue du Four en livres

Eve Dessarre, 1951
Ed Van der Elsken, 1956 Eliane Brau, 1968 François Caradec, 1986
Patrick Straram, 2006
Jean-Michel Mansion, 2006
Patrick Modiano, 2007
Philippe Jaenada, 2024 Philippe Jaenada, 2025

Dans le film in girum imus nocte et consumimur ignir (Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes consumés par le feu) qu’il réalise Guy Debord (1931-1994) revient sur son passage initiatique parmi ses camarades d’alors dans les lieux de perdition de Saint Germain des prés dont le café Moineau, café de la jeunesse perdue. Au long du film le spectateur retrouve des photos de Ed Van der Elksen et la façade du café au 22 rue du Four.

Moineau, rue du Four en film

Guy Debord, 1978

Madame Moineau secondée par sa fille et la jeune Marithé nourrit veille et surveille avec bienveillance cette jeunesse un peu à la manière de la soupe populaire.

En août 1952, les époux Louail vendent un fonds de commerce de commerce de vins et liqueurs leur appartenant. Ce commerce se situe à Alger 121 boulevard Bru (actuel boulevard des martyrs) sur les hauteurs de la ville. Ils demeurent alors à Paris 07, 20 rue Rousselet.


Rue Guénégaud

En 1955, la famille Louail quitte le café de la rue du Four et son logement de la rue Rousselet. Aidés de leur fille ils exploiteront le café, bar, hôtel meublé de la rue Guénégaud et logeront au premier étage.

Les propriétaires de cette "boite à couscous" ajoutent au lieu l’activité de « boite à chansons". Monsieur Louail effectue en personne les auditions. Il déclarait : "J'organise périodiquement des concours avec un jury de journalistes et de spécialistes et j'essaie mes débutants dans des soirées spéciales". Lény Escudéro gagnera un des concours Moineau. Parfois Fernand Raynaud assistait dans la salle aux auditions. Pendant ce temps l'amuseur faisait le pitre en faisant brûler des lambeaux de papier avec les bougies allumées sur la table.

Le cabaret devient le port d'attache du peintre Jacques Lagrange (1917-1995). Ce lieu hors norme attire un public amoureux d'authenticité loin des boites à touristes.

Les époux Louail, des personnages hauts en couleurs, ce couple original anime le cabaret. Souvent les scènes de ménage des patrons rendent l’ambiance "vivante". Les époux s'apostrophent en se vouvoyant. Madame Moineau une petite femme par la taille porte toujours un tablier bleu. Une raie droite sur le sommet de la tête partage ses cheveux sombres, mi longs, légèrement ondulés. Des lunettes presque rondes aux bords larges et noirs soulignent son regard.

Chez Moineau 1959

Rue Guénégaud des cartes postales couvrent les murs de la petite salle toute en longueur. Au fond une estrade d'école sert de scène. Une porte en fond de "scène" s'ouvre sur une petite cour, seul accès à la cuisine. La minuscule cuisine donne dans l'étroite cour.

Jean Schoubert (1929-2020) le pianiste maison essaie d’accompagner le mieux possible les jeunes chanteurs sur un piano droit fatigué. Des tables et des bancs de bois accueillent les clients dans une atmosphère enfumée. Des bouteilles de verre disposées sur les tables servent de bougeoirs. Parfois le chat venait faire un tour en salle et slalomait entre les jambes des artistes pendant qu'ils chantaient.

Le cabaret accueille les clients tous les jours de la semaine sauf lundi jusqu'à 2 heures du matin.

Après le repas dont le couscous, un artiste essaie de se faire entendre, de chanter. La cabaret accueille sur sa scène aussi des humoristes, des mimes. Monsieur Louail propose aussi de temps en temps aussi à sa clientèle la projection d’un petit film ou court métrage.

Madame Moineau traverse parfois la scène les bras chargés de plats de couscous fumant. La jeune demoiselle Moineau aide sa mère pour le service. La maîtresse de maison ignore bien des règles d'hygiène. Les chats vagabondent librement dans le restaurant y compris dans les cuisines. Parfois ils se couchent dans les plats de semoule tiède ! Un jour madame Moineau n'ayant plus de semoule propose un couscous avec du riz en remplacement. Elle appela ce nouveau plat le Pouce pouce !

Ici pas de loge, seulement un débarras dans le couloir fait office de loge.

Ce lieu marginal vit les débuts de Anne Sylvestre, Pauline Julien, Jean Ferrat, Christine Sèvres, Jean Claude Darnal, Pierre Vassiliu, Jacqueline Dulac, Pierre Louki, Jean Claude Massoulier, Alex Métayer, Raymond Levesque, Francesca Solleville, Mistigri, Colette Chevrot, Denise Lebrun, Pierre Brunet, Jean Siegfried, Claude Confortes, Serge et Sonia, Simone Bartel, Lény Escudéro, Gérard Lebreton, Bernard Montangero et Barbara.…

A la fin des années 50, monsieur Louail engage une jeune professeure de français novice dans le monde de la chanson. Plus tard cette jeune artiste deviendra célèbre comme écrivaine scénariste sous le nom de Catherine Paysan.

Chez Moineau 1958

Hugues Aufray
Simone Bartel
Pierre Brunet
Colette Chevrot
Jean-Claude Darnal
Jacqueline Dulac
Leny escudero
Jean Ferrat
Pauline Julien
Denise Lebrun
Raymond Levesque
Pierre Louki
Jean-Claude Massoulier
Alex Metayer
Mistigri
Bernard Montangero
Serge et Sonia
Christine Sèvres

Jean Siegfried
Francesca Solleville
Anne Sylvestre
Pierre Vassiliu

Le pianiste maison Jean Schoubert (premier époux de la pianiste de l’Écluse Darzee) accompagnait régulièrement Fernand Raynaud.

Petit à petit la renommée du cabaret s’élargit au-delà du quartier de Saint Germain des prés. Arrive alors une nouvelle clientèle vêtue de vison découvrant ce lieu singulier.

Barbara chantera Chez Moineau en 1957 et 1958 pour ensuite rejoindre L’Écluse. Pendant quelques mois elle occupa une chambre de l’hôtel au dessus du cabaret.

Lors de la journée Barbara sur France Inter le 14 décembre 1966 pour la première à Bobino, sur le trajet allant de la rue Rémusat à Bobino fait une halte rue Guénégaud. Le véhicule de la radio s’arrête presque face du 10 de la rue. Barbara appuyée contre l’auto pieds nus prend la pause.

Barbara, en 1968, l'évoquait déjà de cette manière : "Le patron était doux. Je l'appelais " gling-gling" à cause du bruit de son tiroir-caisse. Il faisait du couscous. Pendant que je chantais, les chattes mettaient bas."

Dans Il était un piano noir, Barbara raconte : "Un malin, monsieur Moineau, drôle, chaleureux, bon gestionnaire de son "cabaret-bistrot", la main toujours posée sur le tiroir-caisse ! ", "Monsieur Moineau vient quelquefois, le matin, frapper à ma porte pour que nous belotions ensemble".

Pendant la guerre d'Algérie, les membres du FLN venaient y cacher de l'argent. A l'indépendance de l'Algérie le couple Moineau regagna l'Algérie.

Au cours de septembre 1961 le lieu ferme ses portes pour devenir Le Pachanga. Adieu la chanson chez Moineau.

En 1973 Jean Mauzac (1939-2006) et Christian Mousset créent à cette adresse un Cabaret café-théâtre Au jour de fête. L'aventure tourne court.

Les enseignes se succèdent… Dans les années 80 une boite à strip-tease s’installe.

Actuellement un piano-bar L’Arbane occupe l'endroit. Au sous sol la cave voûtée accueille aussi les clients. Pas facile d'imaginer madame Moineau avec ses plats de couscous, le piano et les chanteurs au lieu et place des cocktails !

Moineau, rue Guénégaud en livres

Gilles Schlesser, 2006
Philippe Crognier, 2017


 


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