Chez Moineau

Le cabaret Chez Moineau se trouvait 10 rue Guénégaud à Paris VI (métro Odéon).

Avant de s'installer rue Guénégaud Monsieur et Madame Moineau tenaient un bar 22 rue du Four au coeur de St Germain des Près en 1949. Une jeunesse ivre de liberté adopta le lieu. Madame Moineau veillait sur ces jeunes hors normes. Dans le bistrot tout le monde chantait. L'Internationale lettriste de Isidore Isou installa là son quartier général. Durant la seconde moitié des années 50 les époux Moineau quittent la rue du four pour la rue Guénégaud.

Les propriétaires de cette "boite à couscous, boite à chansons" les époux Moineau sont des personnages hauts en couleurs, des originaux. Souvent les scènes de ménage des patrons donnent une ambiance "vivante". Madame Moineau de loin ressemble à la comédienne Pauline Carton.

Rue Guénégaud des cartes postales couvrent les murs de la petite salle toute en longueur. Au fond une estrade d'école sert de scène. Une porte en fond de "scène" s'ouvre sur une petite cour, seul accès à la cuisine. Jean Schoubert accompagne au piano droit les chanteurs. Des tables et des bancs de bois accueillent les clients.

Pendant que les clients mangent leurs couscous un tour de chant leur est proposé. Madame Moineau traverse la scène les bras chargés de plats de couscous fumant. Madame Moineau ignore bien des règles d'hygiène.  Les chats vagabondent librement dans le restaurant y compris dans les cuisines. Parfois ils se couchent dans les plats de semoule tiède !

Ici pas de loge, seulement un débarras dans le couloir fait office de loge.

Ce lieu marginal vit les débuts de Anne Sylvestre, Pauline Julien, Jean Ferrat, Christine Sèvres, Jean Claude Darnal, Pierre Vassiliu, Jacqueline Dulac, Pierre Louki, Jean Claude Massoulier, Alex Météyer, Raymond Levêque, Francesca Solleville, Barbara.… Monsieur Moineau déclarait : "J'organise périodiquement des concours avec un jury de journalistes et de spécialistes et j'essaie mes débutants dans des soirées spéciales".

Au cours de septembre 1961 le lieu ferme ses portes pour devenir Le Pachanga. Adieu la chanson chez Moineau.

En 1973 Jean Mauzac et Christian Mousset créent à cette adresse un Cabaret café-théâtre Le jour de fête. L'aventure tourne court.

Actuellement un piano-bar occupe l'endroit.

 


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