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Noël à La Source

La TSR charge Robert Ehrler (1926-2008) chef du service actualité de la télé romande des programmes de la soirée de Noël 1968.

Il décide de rendre visite à celles qui dévouent leurs vies à la santé, à la vie des autres. Ce soir il donne la parole aux infirmières de la Clinique de La Source à Lausanne. Soir de Noël, il exauce les vœux de plusieurs jeunes femmes infirmières à la Clinique de La Source.

En 1891, le docteur Charles Krafft (1863-1921) arrive à la Fondation de la clinique de la Source. En 1922, la clinique Beaulieu devient la Clinique de La Source. Au 30 avenue Vinet La clinique de La Source figure parmi les établissements de santé majeurs de Suisse. Cette clinique se trouve tout près du Palais Beaulieu de Lausanne.

A la suite du Télé journal du 24 décembre 1968, à 21 h 20 commence le programme.

Une première infirmière rencontre Fernand Martignoni (1929-1982). Il réalisa en 1955 le premier atterrissage sur un glacier. Depuis il participe aux sauvetages en haute montagne.

Une autre infirmière retrouve Fredy Knie Junior. Cet éducateur animalier, ancien directeur de cirque parle de sa passion : les chevaux.

Poursuivant les vœux des jeunes filles, se présente la danseuse étoile Liane Daydé (1932-2022). Elle effectua sa formation à l’École de danse de l’Opéra national de Paris.

Dans le jardin des Tuileries, Jean Ferrat chante en playback Mourir au soleil. Puis le long de la rue de Rivoli il retrouve une infirmière de La Source. Elle demande au chanteur comment il passe les fêtes Noël. Pour une fois avec Christine Sèvres ils se reposeront peut être en Ardèche. Depuis l’année dernière ils ne passeront la fin d’année sur scène.

Barbara reçoit la jeune infirmière dans un studio d’enregistrement parisien. Roland Romanelli et Michel Gaudry accompagnent Barbara qui fredonne. Puis elle répond aux questions de la jeune fille intimidée.

- Pourquoi est ce que vous chantez ?
- Parce que j’aime passionnément, parce que c’est toute ma vie, parce que ainsi ça me permet de dialoguer, la preuve ! Mais pas seulement là. Parce que c’est ma religion, c’est ma façon de prier.
- Pourquoi est ce que vous chansons d’amour sont tristes en général ?
- Elles ne sont pas tristes, elles sont comme l’amour. C’est quelque fois l’amour qui est triste, c’est triste et merveilleux. Par exemple Pierre est une chanson très heureuse. Parce que n’est pas une chanson triste. Parce que, ce sont deux êtres qui se séparent au plus fort de leur amour, parce qu’ils ne veulent pas voir mourir leur amour.
- Mais c’est triste quand même.
- Je crois que finalement y a pas d’amour éternel. Enfin je veux dire, je cois qu’il faut vivre la passion, faut se brûler. Faut se brûler, je crois. Et à partir du moment où on brûle plus il faut s’en aller. Il faut avoir le courage de partir ou alors la lâcheté. C’est peut-être une lâcheté, je n’en sais rien. Rien ne m’émeut plus que de voir des gens qui ont vieilli ensemble et qui se regardent d’une belle manière. Mais c’est finalement assez rare. Vous savez, les deux moitiés d’orange. Mais ce n’est pas triste, je crois qu’il faut avoir le courage de refaire sa vie et de recommencer les amours aussi c’est important.
- Oui c’est vrai.
- Ça m’ennuie de vous dire ça, si je pense. De toute façon je vous dit que tout est amour et que seul l’amour est important, seul l’amour est important. On s’est vu très rapidement, je sais que vous repartez demain.
- Oui
- Moi je vais vous voir bientôt. Vous rendre cette visite amicale et je vous rappelle qui m’a beaucoup touchée et beaucoup étonnée aussi. Je fais un peu à l’avance mes meilleurs vœux puisque nous sommes à la fin de l’année. Et puis je vais vous chanter peut-être une chanson que vous n’aimez pas particulièrement, je ne sais pas. Vous m’avez demandé Pierre. Mais c’est difficile, je n’ai pas de piano en studio. Je vais vous chanter une chanson que j’ai écrite pour vous tous qui s’appelle Ma plus belle histoire d’amour.

Puis elle chante Ma plus belle histoire d’amour accompagnée par Roland Romanelli et Michel Gaudry face à la jeune infirmière, pour elle seule.

En ce mois de décembre, Félix Leclerc (1914-1988) quitte le Québec pour une tournée en Suisse. Une infirmière de La Source rencontre Félix Leclerc.

Mousse (1926-2023) et son mari Pierre Boulanger (1928-1978) évoquent François Villon. En 1956, ils proposent des émissions radiophoniques sur la poésie. Ils ouvrent au monde de la poésie les auditeurs suisses.

A Paris, une jeune fille venant de La Source souhaite rencontrer Jacques Brel. Elle se rend à Paris au Théâtre des Champs Élysées où chaque soir depuis le 7 décembre, Jacques Brel joue dans L’homme de la Mancha. Elle retrouve Jacques Brel dans sa loge. Elle réalise une interview fort pertinente. Au fil de cette rencontre Jacques Brel dit : " L’inspiration vient de l’enfance… Je fais des expériences… Je ne suis pas trop sérieux… Un fou ou un saint c’est la même chose… C’est aujourd’hui qui est important… Je n’ai pas besoin de croire... "

A 21 h 20 se termine la première partie de Noël à La Source.

Une heure dix minutes plus tard débute la seconde partie de Noël à La Source.

Il y a quelques années, une infirmière de la clinique partit au Gabon pour aider la population. Le réalisateur Jean-Pierre Goretta (1926-1985) se rend au Gabon pour rencontrer l’infirmière et propose un reportage sur sa vie, sur son action.

Une infirmière de la clinique souhaite entendre la poétesse provençale Marie Mauron (1896-1986) depuis son havre de paix à Saint Rémy en Provence.

La soirée s’achève par la prestation de l’organiste Pierre Cochereau (1924-1984), titulaire des orgues de Notre Dame de Paris.

S’ensuit la messe de minuit depuis la ville d’Hallein dans le land de Salzbourg en Autriche.


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