Avis de recherche

Avis de recherche

Raymond Devos

TF1

Émission diffusée vendredi 19 janvier 1990 par TF1 en couleurs après le journal de 20 heures et Tapis vert. Patrick Sabatier présente la soirée de deux heures réalisée par Rémy Grumbach et enregistrée dans les studios de TF1 à Boulogne Billancourt. Puis à 22 h 45 commence le magazine d'information 52 rue la Une : Super flics.

TF1 proposa Avis de Recherche du 15 juillet 1980 à 26 novembre 1982 puis du 5 septembre 1988 au 22 juin 1990, présentée par Patrick Sabatier (soit un total de 169 émissions)

Les producteurs d'Avis de Recherche invitent ce soir Raymond Devos. La semaine précédente Léon Zitrone occupait la place de l'invité.

Quelques jours plus tôt Raymond Devos revenait sur sa présence à Avis de Recherche dans la presse suisse.

" J’ai horreur de me tourner vers le passé. Je ne sais pas pourquoi j’ai accepté cet "Avis de recherche", peut-être parce que mes apparitions à la télévision, comme mes jours sont comptés… ! En général je dis non, mais il faut bien dire oui un jour pour valoriser les non ! De plus, je passe plutôt sur A2, mais presque jamais sur TF1. Je me suis dit : "Tout de même ! Ils vont finir par croire que je ne les aimes pas."

Souvent l'invité présentait une photo de classe et partait à la recherche des personnes figurant sur la photo. Raymond Devos lui choisit une photo prise avec ses camarades de scène aux Trois Baudets lors de ses débuts en 1958.

Justifiant son choix il déclara dans la presse : J'ai préféré cette époque à celle de mes années scolaires. Le métier est ce qui compte le plus pour moi. J'ai connu toute l'histoire de saint Germain-des-Prés. Je suis passé à la Rose Rouge, au Vieux Colombier. Aux Trois Baudets j'ai connu toute une génération d'artistes : Vaillard, Lamoureux, Béart, Barbara, Patachou, Rosy Varte, Lemarque, Michel Roux et bien d'autres...

Revenant sur la période des débuts, des cabarets, intervient au téléphone, depuis Précy, Barbara. Elle rappelle à son ex collègue et pensionnaire de L'Ecluse un jour de 1959. Barbara, prise de doute sur son avenir dans la chanson demanda à Raymond Devos son avis. Ils se retrouvèrent à la Galerie 55, 55 rue de Seine. René Legueltel créateur de la première Ecluse, tint ce cabaret dès 1956.

- C’était à L’Ecluse, c’était je sais pas, en soixante, je sais pas exactement en quelle année, un jour où j’avais des doutes très très sérieux sur mes possibilités de chanter, non pas sur mon désir de chanter mais sur mes possibilités. Et toi tu étais déjà sorti de L’Ecluse et je t’avais demandé et tu es venu si tu voulais. J’avais vraiment envie, j’avais une grande admiration que j’ai toujours. Je suis une fan inconditionnelle de toi. Et je t’ai dit : Est-ce que vous voudriez bien m’écouter, m’entendre et me dire si je dois continuer. Tu as été très surpris par cette question. D’ailleurs je n’ai jamais jamais fait ça qu’à toi. J’ai jamais rien demandé à personne mais je me suis dit bon, je sais pas, j’étais dans une période très noire. Et tu as eu la gentillesse parce que tu avais beaucoup de chose à faire, tu m’as donné rendez-vous, je crois que c’était à la Galerie 55. Je sais plus comment nous sommes arrivés là. Et j’ai chanté, y avait je sais pas, Oswald m’accompagnait. Enfin je me souviens plus des détails. Et je t’ai chanté. On était là tous les deux. Et c’était à la fois complètement insolite. Ca ne m’ai jamais arrivé, jamais jamais de demander un avis et ça me paraissait tellement important. Et quand j’ai eu terminé je me suis sentie dérisoire. Je me suis dit mais qu’est ce que j’ai fait. Et tu m’as dit : Mais écoutez ou écoute, je sais pas, Y a aucun problème bien sur tu dois continuer. Et je voudrais te dire , je n’ai jamais remercié pour cet instant important que tu m’as donné à cet instant-là que ça m’a été, c’est pas pour ça que j’ai continué. Je mentirais en disant ça. Tu m’aurais dit vous êtes très mauvaise j’aurais continué quand même. Mais ça m’a été tellement essentiel dans cet instant où j’étais noyée comme ça où je ne savais plus où j’étais que tu m’ai dit ça moi qui t’admire tant. Et y’avait tant d’amour et tant de générosité comme tu es toi à venir, à prendre ton temps pour me dire qu’aujourd’hui je suis très très heureuse de pouvoir te dire merci de cet instant-là. Est-ce que tu t’en souviens ?

- Oh très très bien.

- Tu t’en souviens ?

- Très bien. Mais je n’avais aucun mérite à dire que tu étais exceptionnelle.

- Ah non c’est pas pour ça, c’était tellement formidable pour moi.

- Tout le monde l’a reconnu plus tard.

- Non non alors tu étais le premier.

- Tu es adorable.

- Et c’est magnifique, c’était pas que j’étais extraordinaire, pas du tout pour ça. Le problème c’est que en fait, tu m’as dit Bien sur continue alors que moi j’étais, je sais pas très bien quoi, j’étais noyée. Et tu es la seule personne de toute ma vie de femme qui chante vers qui je suis allée et à qui j’ai dit un jour : Est-ce que tu crois que je dois continuer. C’est merveilleux pour moi de te dire aujourd’hui merci, de te dire que je t’aime et que je t’admire profondément.


- Merci Barbara, Merci de ce témoignage, conclut Patrick Sabatier.


A la soirée participent, Michel Boujenah, Julien Clerc, Véronique rivière, Mac Ronay, Les Gipsy kings, Yves Duteil, Zouk Machine.

Raymond Devos joue Ca peut se dire, ça ne peut pas se faire et avec Michel Boujenah Les poches sous les yeux.

Julien Clerc chante Fais moi une place (texte Françoise Hardy, musique Julien Clerc) et Le big bang (texte Maurice Vallet, musique Julien Clerc)

Véronique Rivière propose Tout court (texte et musique Véronique Rivière)

Le magicien maladroit, Mac Ronay présente un numéro où il rate tous ses effets.

L'association Les Clowns du Nord raconte leur action

Le groupe Cock Robin mené par Peter Kingsbery chante Worlds appart (texte et musique Peter Kingsbery)

Les Gipsy Kings donnent le mouvement avec la reprise de Volare (texte Domenico Modugno et Franco Migliacci, musique Domenico Modugno, arrangements Gipsy Kings)

Yves Duteil  reprend une chanson de Georges Brassens : L'orage (texte et musique Georges Brassens). Ensuite il fredonne deux chansons écrites par Raymond Devos : Le vieux pont neuf crée par Léo Noël et La chanson de Pierrot crée par Francis Lemarque.

Un petit retour dans le passé permet de retrouver un extrait de Les pupitres avec Michel Roux, Guy Pierauld, les Zavatta juniors... Raymond Devos créa cette revue en quinze tableaux sur la petite scène de La Tête de l'Art en 1961

Le groupe Zouk Machine apporte la bonne humeur avec leur tube du moment Maldon (texte et musique Guy Houiller, Yves Honoré)

Raymon Devos
Raymond Devos
Julein Clerc
Véronique Rivière
Cock Robin
Gipsy Kings
Les pupitres, Raymond Devos Zouk machine

La semaine suivante, Avis de recherche conviera Salvatore Adamo.

Pourquoi avoir choisit l'absurde pour répondre aux angoisses lui demandait un jour un journaliste ?

Comme il n'y a pas de réponses, on ne peut en parler qu'en délirant. Un type qui ne va nulle part ne risque pas de se tromper. Il sera toujours sur le bon chemin...


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