14 rue Rémusat, 75016 Paris

14 rue Rémusat 75016 Paris

(métro Mirabeau)


Pour la première fois de sa vie, en octobre 1961, Barbara tient les clés de son premier logement.

En novembre 1961 Barbara quitte la rue de Vitruve pour poser son piano noir, sa valise et ses chansons au 14 rue Rémusat. Depuis son retour de Belgique Barbara connut maintes adresses dans Paris : rue de la Huchette, rue des Pyrénées, rue de Seine , rue Guénégaud, quai de Béthune, rue Jonquoy....

La rue Rémusat bordée de hauts immeubles récents dans le seizième arrondissement de Paris perpendiculaire à la Seine aboutit au pont Mirabeau.

Le groupe pour le financement de la construction projette en 1958 de construire un ensemble de logement dans l'espace entouré de la rue Rémusat, de la rue François Gérard, du square Henry Paté et de la rue Félicien David. En 1958, l'architecte Louis Simon (1901-1965) dresse les plans de l'ensemble immobilier s'étendant du 6 au 14 de la rue Rémusat. Louis Simon participa activement à la reconstruction de la ville de Royan après la seconde guerre mondiale. Les plans présentent un premier immeuble de 12 étages au 6 de la rue Rémusat en retrait, puis dans la continuité trois blocs de 14 étages aux 8, 10 et 12 rue Rémusat. Puis en bordure de la rue Rémusat au numéro 14 se dressent deux blocs de 9 étages chacun. Les travaux commencent en 1960 pour s'achever à l'automne 1961.

Barbara s'installe dans un appartement tout neuf composé d'un salon, une cuisine et une chambre au septième étage de l'immeuble. De larges baies vitrées éclairant les pièces donnent sur une terrasse dominant la rue Rémusat. Sitôt la porte d'entée franchie, un piano noir emplit l'espace plutot resteint. Elle aménage les pièces avec de lourdes tentures. Elle vit à l'ombre de la lumière. Son ami Michel Souillac l'accompagne à la salle des ventes de Drouot. Elle meuble cet appartement au gré de ses achats. Un jour, un rocking chair arrive à Rémusat.

Rarement elle ouvrit les portes de son appartement à la presse. Pourtant elle reçut deux fois une équipe de télévision pour Central variétés du 8 octobre 1965 avec André Flédérick et Panorama diffusé le 16 décembre 1966 avec Roger Louis. Jean Louis Dumont réalisa plusieurs séries de clichés en ce logement. Ces photos se retrouvent dans le livre de Sophie Makhno.

A Rémusat elle écrit, elle écrit de nouvelles chansons. L'envie d'écrire lui vient. Les mots et les sons se bousculent la nuit, le jour, le jour et la nuit. La nuit sur un magnétophone elle enregistre des airs, des notes, des mélodies, des mots pour ne pas se mattre à son piano et déranger le sommeil des voisins. Là, elle compose parmi d'autres : A mourir pour mourir, Le mal de vivre, Attendez que ma joie revienne..... et Nantes y sera terminée.

De temps en temps sa mère résidait chez elle.
Puis à partir du début de 1962 elle loue durant quelques années pour sa mère un studio dans le même immeuble.

14 rue Rémusat, 75016 Paris

14 rue Rémusat, 75016 Paris

Barbara résida à cette adresse durant toute la période de son éclosion artistique. Parfois elle trouvait des jeunes gens assis sur son paillasson à l'attendre. Ses admirateurs la poursuivaient, la harcelaient. Du jour où elle découvrit l'existence d'une issue de secours pour échapper à la foule elle fut soulagée !

Le 6 novembre 1967 sa mère meurt. Barbara ne désire plus vivre dans ce lieu lourd de trop de souvenirs. Au début de 1968 elle quitte définitivement Rémusat pour s'installer temporairement dans un hôtel de la rue de Tournon. Quelques mois plus tard elle emménage 112 rue Michel Ange, près de la porte de Saint Cloud à Paris dans ce même arrondissement.

En 1972 elle composa la chanson Rémusat pour le 33 tours Amours Incestueuses. Rémusat lui rappelle surtout le souvenir vivace de sa mère. Déjà en 1966 elle ébauchait l'écriture d'une chanson qui commençait par : Non vous ne franchirez pas les portes de mon Rémusat, titre précurseur de Ma maison...

Au 14 rue Rémusat vécut aussi Arletty de 1966 à sa mort en 1992.


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