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L'oiseau rare (1973) |
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Jean-Claude Brialy (1933-2007) tourne courant avril 1973 son troisième film comme réalisateur après Églantine (1971) et Les volets clos (1972) : L'oiseau rare (A rare bird titre pour le marché international). En 1969, Jean-Claude Brialy et Jacques Charrier (1936-2025) fondent la société des Films Marquise. Les films Marquise produiront trois des films réalisés par Jean-Claude Brialy. En 1975 elle produit Il pleut sur Santiago. Le film ne rencontre pas le succès la société de production cesse alors son activité. En plein été le film sort dans les salles obscures le jeudi 30 août 1973. Se partagent l’affiche : Barbara, Pierre Bertin (1891-1984), Anny Duperey, Jacqueline Maillan (1923-1992), Micheline Presle (1922-2024), Marco Perrin (1927-2014) tenant les rôles principaux. Aux les rôles secondaires figurent : Gabrielle Doulcet (1890-1976), Yvonne Legeay (1892-1980), Tonie Marshall (1951-2020), Nicole Merouze (1935-2018), Edith Perret (1929-2019), Éva Léna Rabin, André Chazal, Philippe Dehesdin (1929-2016), Alain David, Sylvain Green (1954-2021), Gib Grossac (1927-1980), François Leccia (1948-2009), Michel Ruth, Christian Noël, Daniel Rose, Jean-Christophe Lau, Cheich Doukoure, El Kébir, Henri Gonzales, Jim Adhi Limas, Humbert Smith, Jean Claude Bois et Xavier Saint Macary (1948-1988). Durant 85 minutes Jean-Claude Brialy relate la vie d'un maître d'hôtel engagé par cinq patrons tous plus singuliers les uns que les autres. Cinq petites scènes se succèdent, cinq vies d'êtres extravagants… Armand
Duval (Jean-Claude Brialy) travaille en tant que maître d'hôtel
chez Léon et Renée Boudard (Marco Perrin et Micheline Presle).
Monsieur Boudard promoteur immobilier en vue côtoie la société
mondaine parisienne. Madame Boudard mène une vie oisive entre ses
deux enfants Jean-Loup et Laurence (Tonie Marshall) et son amant
Francis (Xavier Saint Macary). Renée Boudard organise des repas
suivis de soirées. Elle dévoile à ses convives ses "talents"
de danseuse. A sa table se retrouvent la jeune comtesse Marie Laure
de Porchenville (Anny Duperey) une peu nymphomane, Miss Alexandra
Blitz-Balfour (Barbara) une chanteuse d'opéra à l'air éthéré,
Madame Antoinette le Dantec Secrétaire d’état aux sports
(Jacqueline Maillan) une femme au fort tempérament et Jérôme
Dieudonné (Pierre Bertin) un vieil écrivain misanthrope. Les
qualités d'Armand épatent tous les convives. Tous souhaiteraient
l'avoir à leur service. Mais la belle vie bourgeoise de la famille
Boudard s'effondre le jour où Léo Boudard rejoint la maison d'arrêt
pour escroquerie... Miss Blitz-Balfour réside dans un appartement aux décors baroques avec Lucienne dite Annina sa fidèle employée. Armand vient seconder quelques temps Annina. La cantatrice passe ses journées cloîtrée dans sa chambre, les rideaux tirés, les volets clos. Jean-Claude Brialy tourna cette scène dans un appartement près des Champs Elysées à Paris. Miss Balfour reste seule parmi ses souvenirs de diva déchue. Des souvenirs, photos, costumes de scène, des récompenses emplissent l'espace... Un poisson rouge et un oiseau en cage partagent sa vie, ils sont ses seuls compagnons. Elle converse avec eux comme avec des humains. D'un phonographe des airs d'opéra s'échappent en boucle. Citrons et yaourts composent sa nourriture avec du zan... Miss Alexandra aux cheveux noirs frisés porte une robe rouge, des bracelets d'argent. Un soir, elle reçoit un coup de téléphone de Métropolitain opéra de New York pour chanter. Dans un premier temps elle est heureuse. Son interlocuteur lui annonce que c'est pour participer à une rétrospective des voix du passé. Son visage s'assombrit. Elle raccroche prétextant qu'il s'agit d'une erreur... Son public l'applaudit par phonographe interposé... Elle parle de ses liens avec son public parfois lourd... Jean-Claude Brialy a laissé Barbara donner libre cours à son jeu. D'ailleurs Miss Blitz-Balfour est-elle Barbara ou déjà Lily passion...? Et si déjà en 1973 Lily passion naissait.... Miss Blitz déclare qu'elle aurait aimée être blonde avec un nez retroussé et faire du "Miousic hall"... Barbara dans bien des interviews le dit aussi... Madame la Secrétaire d’état aux Sports une femme active, une femme infatigable déborde d’énergie. Elle mène sa journée tambour battant de réunion en inauguration avec un discours toujours prêt sur la grandeur de la France. Armand la seconde l'espace d'une journée avec son chauffeur. Cette femme pressée coupe les rubans d'inaugurations depuis sa voiture pour gagner du temps. Toujours aussi distraite elle coupe le ruban qui se trouve dans les cheveux d'une petite fille au lieu du ruban tricolore au cours d'une inauguration... Voilà une ministre certes active mais gaffant à tour de bras. Armand et le chauffeur suivent avec peine le rythme effréné de leur patronne. Le soir venu ils croient que sagement elle va s'endormir... Mais Antoinette le Dantec demeure aussi touchante. Elle redevient alors une petite fille que Armand doit border. Armand finit par arriver chez Jérôme Dieudonné, un vieil écrivain retiré du monde, vivant dans sa vieille maison entouré de ses chats. Sa vieille maison semble vouée à une prochaine démolition. Il attend une réponse du président de la république pour la sauvegarde de son logis. La vie, ses contemporains le laissent désabusé. Un soir, il décide de faire une petite fête avec Armand, il joue au piano, chante et boit. Après les agapes le vieil écrivain dit à Armand : « Assez rit, on va se coucher ». Le lendemain matin, comme tous les matins Armand lui apporte le petit déjeuner au lit. Mais le vieil écrivain demeure sans vie, il en a fini de la vie en avalant des cachets. A la main il tient une lettre testament instituant Armand son légataire universel.
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Qui fait quoi : fiche technique |
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Scénario
original et réalisation : Jean-Claude Brialy Participèrent au film : La galerie des 4 mouvements, La maison Kawasaki, Atelier à Jean-Marc Maniatis et la régie Renault. Les films Marquise et Gaumont distribution produisent et distribuent L'oiseau rare Polydor commercialise un 45 tours contenant trois extraits de la bande son du film. Le musicien compositeur chef d’orchestre Laurent Petitgirard signe la musique. Gaumont compose un dossier de presse comprenant : des images extraites du film, la liste des comédiens et gens du cinéma inscrits au générique.
Les éditions Seghers dans la série filmothèque propose un livre reprenant le scenario intégral du film. ![]() en histoires Dans son autobiographie Le
ruisseau des singes parue en 2000, Jean-Claude Brialy raconte sa vie.
Il revient sur ses amitiés, ses rencontres. Il relate son expérience
de réalisateur et particulièrement sur L’oiseau rare.
![]() Après avoir réalisé Églantine (1971) et Les volets clos (1972) il souhaite créer une comédie autour de la vie d’un valet de chambre. Il pense à la pièce de théâtre Désiré créée par Sacha Guitry en 1927 au Théâtre Édouard VII. Parlant de Désiré son auteur déclarait : "Servir c’est quelque chose de merveilleux, c’est avoir le droit sans la volonté…"
Le film comprendra plusieurs scènes, plusieurs expériences vécues par le valet de chambre dans des familles originales. Jean-Claude Brialy puise son inspiration dans ses propres expériences et rencontres. Pour la première scène, il raconte lors de son arrivée à Paris un dîner avenue Foch où il fut invité. Une dame du grand monde recevait à sa table tout le gratin mondain du moment. En fin de repas la maîtresse de maison se produit dans un numéro de danse devant ses invités comme au spectacle. Pour camper la dame il demanda à Micheline Presle sa participation. Dans un village de province, Jean-Claude Brialy fit la connaissance d’une châtelaine demeurant dans un petit village. La dame épousa un polytechnicien toujours en déplacement. Pour tromper son ennui la châtelaine trompe son époux. Elle développe un appétit sexuel sans limites. Il demanda à Anny Duperey de camper la châtelaine. Une secrétaire d’état autoritaire, directive menait fond de train. Le soir venu la tornade s’apaisait et redevenait une petite fille. Qui d’autre que Jacqueline Maillan pouvait jouer cette femme ? Dans les années 70, Jean-Claude Brialy rend souvent visite à Maria Callas dans son grand appartement de l’avenue Paul Doumer. Elle vit recluse entourée de souvenirs, de photos. Il demande à Barbara de jouer ce rôle de cantatrice cloîtrée chez elle emmurée dans son passé. Elle accepte. Pour tourner la scène, le réalisateur déniche un appartement aux décors baroques non loin des Champs Élysées. Barbara visite l’appartement, l’examinant de fond en comble. Puis elle demande à la propriétaire de s’y installer pendant le tournage pour s’y sentir comme chez elle. La propriétaire ne peut accepter. Les dates de tournage calées, deux jours avant le top départ, Jean-Claude Brialy appelle Barbara alors à Lausanne. En cette fin mars, Barbara achève une tournée par la Suisse. Elle
lui répond : La réponse de Barbara plonge le réalisateur dans un gouffre de désarroi. Que faire ? Il donne pour mission à un de ses jeunes stagiaires de partir en Suisse porteur d’une lettre et de revenir avec Barbara. Le lendemain dimanche, Ali rejoint Lausanne et Barbara. Le jeune homme débrouillard arriva à convaincre Barbara de changer d’avis. Émue par le courrier de son ami et sous le charme du jeune homme Barbara se retrouva lundi matin à l’heure dite devant les caméras. La
chanteuse comédienne réécrit son texte. Le réalisateur laisse
libre court à la fantaisie créatrice de Barbara. Le réalisateur écrit le dernier sketch pour Michel Simon s’inspirant de Paul Léautaud. Michel Simon accepte. Mais au dernier moment il change d’avis. Il demande alors à Pierre Bertin qui accepte avec enthousiasme. |