Michel Gaudry

Michel Gaudry (1928 - 2019)

A Eu en Seine Maritime, le 23 septembre 1928, le petit Michel Marie Marcel Gaudry voit le jour. Ses parents Albert (1902-1974) et Marcelle (1901-1997) Gaudry se marièrent l’année précédente.

Albert Gaudry comptable joue en amateur de la clarinette et sa mère du piano.

Son enfance s’écoule en famille à Eu chaussée de Picardie avec son jeune frère.

Il entame une éducation musicale commence par l’apprentissage du piano pour découvrir ensuite la clarinette.

Après la scolarité, Michel Gaudry s'oriente vers le métier de dessinateur technique.

A la libération le jeune homme rejoint Paris. Il devient jazzman amateur clarinettiste dans les clubs de jazz de la capitale. Il joue au club Le Lorientais (5 rue des Carmes 75005) avec Claude Luter.

Puis le Hot club de France lui ouvre ses portes et il part en tournée à travers la France avec ses camarades et sa clarinette.

En 1955, commence une carrière de musicien professionnel. Pour les besoins d’une tournée en Suisse en 1953 il découvre la contrebasse. Ensuite il entre au conservatoire de Genève. Il joue en 1955 avec son quartet à Genève à La Tour (6 rue de la tour de Boel), puis l’année suivant sillonne la Suisse.

De retour à Paris en 1957, le jeune musicien se produit au Mars Club (6 rue Robert Estienne 75008)

Les jazzmen de renom croisent sa route : Art Simmons, Elek Bacsik, Georges Arvanitas, René Urtreger, Stéphane Grapelli, Claude Bolling, Marcel Zanini, Jack Dieval, Lionel Hampton, Mickey Backer, Les Double six, Raymond Fol, Martial Solal...

Sur la scène des clubs ou en studio il joue avec Dexter Gordon, Billy Holiday, Duke Ellington, Bud Powell, Kenny Clarke...

Le Trio François Charpin conduit par François Charpin au piano et Pierre Cavalli à la guitare lui offre la possibilité d’enregistrer son premier disque comme bassiste

Trio Charpin 1958

Au cours des années 60, les clubs de jazz ferment à un. Les jazzmen cherchent alors une autre façon de jouer encore. Alors nombre d’entre eux se reconvertissent dans les musiques de variétés avec plus ou moins de bonheur. Michel Gaudry opte pour la variété ayant quelque chose à dire, à raconter, qui a un sens.

Un soir de 1963, Michel Gaudry et le guitariste Elek Bacsik jouent sur la scène du Mars Club. Dans la salle, Serge Gainsbourg écoute et regarde les musiciens. Gainsbourg au cours d’une pause propose aux deux musiciens d’enregistrer avec lui son prochain disque. Avant les séances en studio, Serge Gainsbourg doit chanter au Théâtre des Capucines dans le cadre des Mardis de la chanson. Ce soir du 8 octobre 1963, Gainsbourg et ses deux musiciens interprètent deux titres du futur 33 tours Gainsbourg confidentiel. Sous la houlette de Claude Dejacques, Serge Gainsbourg, Michel Gaudry et Elec Bacsik enregistrent le 33 tours Gainsbourg confidentiel au studio Saussier Leroy.


Gainsbourg au Théâtre des Capucines 1963
Gainsbourg confidentiel

Devenu musicien sur scène et en studio pour la chanson il accompagnera :
- Juliette Gréco, Claude Nougaro, Colette Magny, Serge Gainsbourg, Pierre Barouh, Barbara, Georges Moustaki, Serge Lama, Graeme Allwright, Charles Dumont, Annabelle Buffet, Nicole Croisille, Jeanne Moreau, Jean Vasca, Chanson plus bifluorée, Billy Bridge, Bernard Lavilliers, Dominique Grange...

Son bon coup de crayon le conduira à devenir pour Jazz Magazine caricaturiste illustrateur.


Barbara Michel Gaudry

En 1971, Joss Baselli et lui enregistrent un 33 tours A la Baselli.

A la Baselli, 1971

A partir de novembre 1966, par l’intermédiaire de Joss Baselli, il accompagnera Barbara en remplacement de Pierre Nicolas jusqu’en 1973. Michel Gaudry arrive près de Barbara juste avant Bobino en novembre 1966.

Dès novembre 1966, Barbara part en tournée en Suisse accompagnée par Joss Baselli et Michel Gaudry.

Les tournées, les spectacles, les enregistrements studio s’enchaînent avec Barbara et Joss Baselli.

La contrebasse de Michel Gaudry accompagnera Barbara sur scène en studio pour Bobino 1967, Barbara singt Barbara, 33 tours 1967, 45 tours 1968, Musicorama 1968, Le soleil noir 1968, Olympia 1969, 33 tours Madame, 33 tours 1972.


Bobino 1967
Barbara singt Barbara
33 tours 1967
45 tours 1968
Le soleil noir 1968
Olympia 1969
Madame 1969
33 tours 1972

Le reportage présenté dans A l’affiche du monde diffusé le 22 février 1969 montre Barbara, Roland Romanelli et Michel Gaudry répétant dans le salon de l’appartement rue Michel Ange.

Cet homme discret à la parole rare dans la presse accordera une Interview dans Paroles et musique de janvier 1985 consacré à Barbara.
Dans le magazine des dessins de Michel Gaudry illustrent le dossier.
Il déclare :
"Elle avait trouvé un équilibre parfait entre le clavier et la voix.….
Elle nous faisait une confiance absolue pour l’arrangement des chansons...
De toute ma vie d’accompagnateur, c’est la seule personne qui m’ait procuré de tels frissons. Elle se donnait à fond dans ses chansons et le fluide passait...
Avec elle, les musiciens n’étaient pas des fonctionnaires...
Cette période a été l’une des plus heureuses de ma vie. Au point de vue professionnel, bien sûr. Mais surtout pour l’amitié qu’elle me témoignait…."

Dans le livre Barbara, Une si belle histoire de Annie et Bernard Réval paru en 1998, Michel Gaudry témoigne :
"Chanter dans la pénombre, elle adore ça. Elle réduit les éclairages au strict minimum...
Parmi tous les artistes que j’ai cotoyés, Barbara est l’une des rares à savoir vraiment s’accompagner. Elle n’en rajoute pas, son jeu est discret, subtil, efficace, très souvent pour une orchestration plus complète – avec une contrebasse, une guitare, un accordéon...
Ce Musicorama est mon plus beau souvenir musical avec orchestre. De magnifiques arrangements, un concert mémorable !
Le Canada, Québec, c’est une folie ! Aux Pays bas, je suis étonné de voir les étudiants qui connaissent par chœur les textes des chansons de Barbara… Chaque soirée à l’étranger est impressionnante..."

Fin 1987, Barbara retrouve Marcel Azzola et Michel Gaudry, entourés de Gérard Daguerre et Jean-Louis Hennequin pour l’accompagner sur la scène du Théâtre du Châtelet. Michel Gaudry poursuivra avec la tournée 1987 et celle début 1988.

Châtelet 1987

En 1990, il se retire du monde de la musique fatigué de courir. Il s’installe dans la Manche non loin des plages du débarquement. Sa passion pour l’histoire du débarquement remplace la musique.

Jazz magazine le consulte occasionnellement pour la rédaction d’articles pour sa grande connaissance du monde du jazz.

En février 2004, à Equeurdreville dans la Manche se déroule un spectacle hommage. A cette occasion il joue à nouveau de la contrebasse.

Le 29 mai 2019, Michel Gaudry meurt à Saint-Lô.

En 1966, il releva le défi de remplacer ses illustres prédécesseurs auprès de Barbara : François Rabbath et Pierre Nicolas. Par son jeu en finesse il a su imposer son instrument accompagnant Barbara. Par exemple prenez le temps d’écouter le 33 tours Bobino 1967 avec la magie de cette alchimie piano, accordéon, contrebasse


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