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Marcel Azzola (1927 - 2019) |
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Journée d’été, dimanche 10 juillet 1927 voit le jour à la maternité de l’hôpital Tenon à Paris un garçon, le troisième enfant du couple Guiseppe (1896-1978) et Angela (1901-2002) Azzola . Le nouveau né se prénommera Marcel Jean. Son père maçon et sa mère tous deux originaires de Lombardie arrivèrent en France fuyant les chemises brunes italiennes. Le jeune couple s’installe rue des amandiers à Paris non loin du Père Lachaise avec leur fille aînée en 1921. Son père construit en 1926 une maison au haut des escaliers de la rue dominant le cimetière communal de Pantin, au 39 rue de Candale prolongée. Le petit Marcel grandira entouré des ses parents et des ses quatre sœurs. Le week-end, Guiseppe Azzola joue dans un orchestre de mandolines. Les parents Azzola désirent donner à leurs cinq enfants une éducation musicale. Aussi, à l’instar de ses sœurs aînées il apprend le violon et le solfège. Sur un chantier, son père rencontre l’accordéoniste Joseph Colombo (1900-1973) et devient ami de Giovanni Rossi (1892-1963) père de l’accordéoniste Joë Rossi (1922-1994). Tous deux démontrent à Guiseppe Azzola qu’en jouant de l’accordéon son fils pourrait apporter des revenus supplémentaires au foyer. Après un an d’apprentissage du violon, écoutant les conseils avisés, l’enfant change d’instrument pour l’accordéon. Son jeu se perfectionne grâce aux leçons particulières. Petit à petit son professeur l’initie à la musique classique. Son apprentissage d’accordéoniste se réalise dans les bals, cabarets, brasseries, guinguettes de banlieue. Le jeune musicien participe à un premier concours d’accordéon à Suresnes en 1938. A Pantin il rencontre Fréhel. Neuf ans plus tard il représente la France à la coupe mondiale d’accordéon à Lausanne. Le 29 mai 1948 au Casino de Montbenon à Lausanne, le jury lui remet le quatrième prix. Le premier pris revient à Yvette Horner (1922-2018). Les années suivantes, Yvette Horner et lui sillonneront les routes de France en tournée. Après la seconde guerre mondiale il découvre le jazz. Il jouera avec Django Reinhardt, Stéphane Grapelli, Yehudi Menuhin, Didier Lockwood, Michel Legrand, Toots Thielemans. Pour la première fois, Marcel Azzola entre en studio pour une séance d’enregistrement avec Jacqueline François pour Mademoiselle de Paris en 1948 dans l’orchestre de Paul Durand. En 1954, le Grand prix du disque récompense son disque Surprise partie au Mirliton.
Marcel Azzola accompagne avec son accordéon à trois reprises le tour de France et plusieurs fois les Six jours de Paris. Didi Duprat à la guitare, Pascal Groffe à la guitare et Jack Irsa à la batterie, Marcel Azzola à l’accordéon créent un orchestre de bal. A Pavie en septembre 1961, Marcel Azzola reçoit l'Oscar mondial de l'accordéon.
Commence ensuite une carrière d’accordéoniste en studio ou sur scène en chansons : Jacqueline François 1948, François Deguelt 1956, Simone Langlois 1958, Paul Braffort 1958, Barbara 1960 1987, Jacques Brel 1968, 1977, Richard Gotainer 1972, Bernard Dimey 1974, Valérie Ambroise 1976, Jean Claude Vannier 1976, Yves Simon 1977, Georges Moustaki 1977, 1979 , 1981, Alain Barrière 1979, Annabelle Buffet 1980, Hugues Aufray 1981 1992, Nana Mouskouri 1982, Francis Cabrel 1985, Francofolies Ferré 1988, Juliette Gréco 1989, Ute Lemper 1992, Guy Marchand 1998 Marcel Azzola et Marcel Mouloudji concoctent en 1976 une anthologie de la chanson musette … Et ça tournait !
Par l’action conjuguée de Joe Rossi (1922-1994), André Astier (1923-1994), Joss Baselli et Marcel Azzola l’accordéon entre enfin au conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris en 2002. Les quatre créent l’Académie de l’accordéon de Paris, un centre d’enseignement, qui s’installe près du magasin Cavagnolo (28 rue Faubourg saint Martin). Le
23 septembre 1968, Jacques Brel enregistre un disque studios Hoche.
Au cours de la prise de son sur la titre Vesoul, Marcel Azzola
réalise une improvisation. Jacques Brel emporté par la musique de
l’accordéon lance : Chauffe Marcel. D’instinct le chanteur
décidé pour la version définitive de garder l’improvisation et
sa répartie. Jacques Brel aurait voulu nommer le titre : Azzola
– Vesoul.
A l'aube des années 80, arrivent dans l'orchestre un accordéoniste Denis Tuveri (1924-2009) et une pianiste et chanteuse Lina Bossatti. En 2008, tous deux enregistreront un troisème disque Marcel et Lina succédant à ceux de 1983 et 1993.
En plus de ses activités de musiciens, il enseigna au Conservatoire Départemental de Musique d’Orsay. Nommé par la direction de la musique en 1987, il devint conseiller pédagogique national et contribue à l’ouverture d’une classe d’accordéon au Conservatoire National supérieur de musique et de danse de Paris en 2002. Marcel Azzola enregistre aussi plus d’une centaine de musiques de films dont Mon oncle, Trafic et Play time de Jacques Tati, Le juge et l’assassin de Bertrand Tavernier, Vincent François Paul et les autres de Claude Sautet, L’emmerdeur d’Edouard Molinaro, Les uns et les autres de Claude Lelouch, La zizanie de Claude Zidi, La veuve Couderc de Pierre Granier-Deferre, Milou en mai de Louis Malle….. Les Victoires du jazz lui décerne en 1995 un prix dans la catégorie Album jazz instrumental de l’année pour L’accordéoniste.
Marcel Azzola écrit ses mémoires avec l’aide de Christian Mars en 2006, Chauffe Marcel, aux éditions de l’Archipel.
Les victoires du jazz en 2006 lui attribue un prix d’honneur remis par Didier Lockwood. A l’occasion du festival Aah ! Les déferlantes ! à Portes les Valence en Mars 2019, l’Académie Charles Cros décerne In Memoriam un Coup de Cœur Musiques du Monde à Marcel Azzola. Un jour de 1960, Barbara croise Marcel Azzola, Pascal Groffre et Didi Duprat leur demandant si ils connaissaient les chansons de Brassens. Mais arrivés au studio enregistrement tout le monde connaissait les chansons de Brassens mais personne n’avait de partition. Mais cela n’a pas chagriné le directeur artistique de La Voix de son maître Pierre Hiegel. Enregistrez quand même ! Après deux répétitions, la version définitive se trouve enregistrée en une seule prise. Barbara s'accompagnant au piano, avec Elek Bacsik (1926-1993) à la guitare et Freddy Balta (1919-2002) à l'accordéon, René dit Didi Duprat (1926-1996) à la guitare, Marcel Azzola (1927-2019) à l'accordéon, Pascal Groffe (1925-2020) à la basse gravent le 33 tours Barbara chante Brassens. Dans la foulée, ils enregistrent un autre disque Barbara chante Jacques Brel.
Pour les spectacles prévus en septembre 1987 au Théâtre du Châtelet, Barbara demande à Marcel Azzola de l’accompagner sur scène avec son accordéon. A la suite des spectacles au Châtelet, il suivra la tournée 1987 puis celle de début 1988.
En 2017, Gérard Depardieu accompagné par Gérard Daguerre décide d’enregistrer quatorze titres du répertoire de Barbara. Marcel Azzola l’accompagne à l’accordéon dans Depardieu chante Barbara.
Pour la tournée d’été 1988, Marcel Azzola propose le nom d'un accordéoniste pour le remplacer : Sergio Tomassi. Sergio Tomassi accompagnera Barbara sur la scène de Mogador en 1990 puis au Châtelet en 1993. |